Au diable les verrous

Tout d’abord, remettons cette histoire dans son contexte il y a trente ans. Les mœurs ayant bien changées aujourd’hui, je serais sans doute moins choquée si cela devait se reproduire. Bon je vous explique.

Tout juste installée comme infirmière libérale, je galérais pour me faire une clientèle. Une autre infirmière se déchargeait sur moi, ralentissant ainsi son activité débordante tout en me permettant de commencer tranquillement ma nouvelle vie. C’était bien différent de mes expériences en cliniques ou à l’hôpital. Je commençais avec cinq clients puis dix. J’avais donc du temps à consacrer à mes malades. Financièrement, c’était une autre affaire.

Une dame m’appela un jour pour une série d’anxiolytique en intramusculaire prescrite par son médecin traitant. Elle habitait le village voisin. Je la trouvais fort sympathique, bien que déprimée, cette quinquagénaire. Rapidement, je pris l’habitude de rester quelques minutes avec elle après sa piqure. Nous prenions le thé tout en discutant. Elle semblait tenir à ces petits bavardages d’abord anodins.

Puis, progressivement, elle commença à me parler de son mari qui souffrait d’un cancer de la prostate. Elle craignait, bien sur, pour sa vie et je m’efforçais de calmer ses angoisses. Les conversations devenaient de plus en plus intimes au fil du temps. Un jour, elle m’avoua qu’elle n’avait plus de vie sexuelle, son mari étant devenu impuissant à cause de sa maladie. Dix jours passèrent, la première série de piqures était terminée. Elle demanda une prolongation du traitement à son médecin et me rappela.

Un soir, elle me proposa de lui faire son injection dans sa chambre prétextant une visite imminente. Je rétorquai que la préparation de l’intramusculaire et son injection étaient très rapide. Mais elle insista lourdement. Sans raison précise, je ressentis une gène et une ambiance malsaine. Malgré mes réticences, je la suivis dans sa chambre. Dès que je fus rentrée, elle passa derrière mon dos pour tirer le verrou. Ses enfants, son mari étaient absents.
Nous étions seules dans cette grande maison. Je préparais hâtivement sa piqure sur un coin du bureau de la chambre. Je vis, avec stupeur, qu’elle s’était allongée sur son lit après avoir retiré son slip. Je fis celle qui n’avait rien remarqué et pourtant j’étais très très mal à l’aise.
Je lui injectai le produit très rapidement en sachant que je devais lui faire mal en procédant de la sorte. Cependant elle ne se plaignit pas. Je rangeai vite mon matériel pour me précipiter vers la porte. Mais elle fut plus rapide et vint s' y coller .


Suavement, elle me dit :
« Tu pars sans m’embrasser ? »
Bien évidemment, jamais nous ne nous étions tutoyées et encore moins embrassées. Je n’avais qu’une envie sortir au plus vite et fuir ce climat oppressant. Je sentis qu’elle ne m'’ouvrirait pas l. J’optais pour un compromis et me penchais pour effleurer sa joue de mes lèvres crispées.
De sa main, elle bloqua mon visage et m’embrassa pleine bouche. Je la repoussai violemment et malencontreusement lui donnai un coup de sacoche dans les genoux. (Bon ok j’avoue ce n’était pas malencontreusement)
J’ai profité de sa surprise pour sortir en lui disant de se chercher une autre infirmière car je ne viendrais plus….


Rentrée chez moi, j’appelais son médecin pour lui raconter ma mésaventure. Et ce traitre me dit d’un ton égrillard :
« Mais madame B., non seulement vous plaisez aux hommes mais maintenant aux dames aussi »
Ah elle est belle la solidarité du corps médical !!!!

Date de dernière mise à jour : 09/04/2015

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